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![]() 21 - 24 September 2005, Bonn, Germany |
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IntroductionInsécurité et développement - approches régionales et stratégies politiques pour un monde interdépendantL'histoire n'a pas pris fin une fois terminée la Guerre Froide. De nouvelles menaces ont surgi, tant à l'intérieur qu'au-delà des frontières des Etats nation. Les guerres civiles, les conflits ethniques et le terrorisme mondial sont devenus des menaces plus tangibles pour la sécurité que les risques de guerre entre les pays. De même, la perception des risques de sécurité est devenue plus vaste, en réaction aux catastrophes provoquées par l'homme - Seveso, Tchernobyl, Bhopal - ou aux risques potentiels dus aux changements climatiques provoqués par les combustibles ou la déforestation à grande échelle. Finalement, des épidémies comme le SIDA ou le SRAS, qui à premier abord semblent constituer une menace majeure à la sécurité humaine uniquement dans les pays pauvres disposant d'un système de santé insuffisant, peuvent se transformer en menace globale par le biais des voyages internationaux ou du tourisme.La mondialisation est souvent perçue comme une menace à la sécurité humaine. Les nouvelles technologies ont réduit les coûts de transport et de communications. Dans le but d'améliorer leur efficacité économique et leur niveau de vie, beaucoup de pays ont ouvert leurs frontières au commerce international des biens et services, aux flux de capitaux et, dans une moindre mesure, aux migrations. Or, l'ouverture d'un pays expose celui-ci aux risques venant de l'extérieur. Une crise économique touchant une région peut alors devenir un danger pour l'économie mondiale en raison des mouvements de capitaux spéculatifs dans les marchés financiers mondiaux désormais intégrés. Des réseaux terroristes et criminels peuvent utiliser les nouvelles technologies de communication et les marchés financiers internationaux pour organiser leurs activités et pour maintenir leurs ressources financières en dehors des mécanismes de contrôle des Etats nation. Les retombées économiques d'une attaque terroriste de grande envergure telle que celle du 11 septembre 2001 ralentissent l'économie mondiale et touchent les pays pauvres au même niveau que les pays riches. Une épidémie comme le SRAS peut avoir des répercussions systémiques semblables. Bien que les pays riches et pauvres aient une perception différente des causes qui menacent leur propre sécurité, la mondialisation signifie que les dangers qui menacent un pays ou une région peuvent se transformer en menace pour tous. La mondialisation économique est un facteur d'insécurité dans les pays développés aussi bien que dans les pays en développement. Dans les deux, de plus en plus de personnes voient leurs places de travail menacées par la concurrence internationale et par les investisseurs étrangers. Bien que la théorie économique prévoie une convergence internationale des prix et salaires dérivant de la libéralisation du commerce, beaucoup de pays sont plus pauvres aujourd'hui qu'ils ne l'étaient en 1990. Pour cette raison, la mondialisation économique ne requiert pas seulement des lois assurant une concurrence équitable et des institutions crédibles pour leur mise en pratique, mais aussi une redistribution internationale des gains du commerce international et des investissements étrangers vers les pays qui n'ont pas encore la capacité de faire usage de leurs avantages comparatifs et de bénéficier de l'ouverture de l'économie mondiale. Voilà l'idée fondamentale de la coopération pour le développement. La pauvreté et l'inégalité croissante entre et à l'intérieur des pays riches et pauvres doit être considérée comme la cause principale des différentes menaces à la sécurité humaine. La pauvreté est étroitement liée aux maladies infectieuses, à la dégradation environnementale et aux guerres civiles, qui appauvrissent davantage les pauvres. Ce cercle vicieux peut uniquement être rompu si la communauté internationale s'efforce, de manière coordonnée, à réduire la pauvreté et à renforcer la capacité des pays pauvres à résoudre leurs problèmes, tout en prévenant l'extension des menaces à la sécurité collective à d'autres pays. Une stratégie basée uniquement sur les opérations militaires et les mesures de sécurité pour combattre la menace récente du terrorisme international, loin de résoudre les problèmes, les aggravera si elle ne s'accompagne pas d'une coopération pour le développement plus efficace. Un concept de sécurité holistique englobe des aspects politiques, économiques, sociaux, culturels et écologiques. Le concept de développement a subi un changement similaire, en s'éloignant de l'intérêt exclusif pour la croissance économique pour englober également la liberté politique et la participation, la réduction de la pauvreté et l'octroi de services de base pour les personnes vivant dans des pays en développement. Y a-t-il convergence entre les concepts plus vastes de sécurité et de développement ? Ou les deux concepts se réfèrent-ils à des réalités politiques distinctes, nécessitant par conséquent une approche opérationnelle différente ? Dans quelle mesure faut-il redéfinir les stratégies et politiques de développement si l'objectif principal n'est plus la croissance économique et les acquis sociaux, mais une sécurité humaine accrue pour tous les être humains au monde ? Une seule discipline ne suffit pas pour répondre à ces questions. Une approche interdisciplinaire est nécessaire pour trouver de nouvelles réponses et développer des stratégies adéquates. L'EADI en tant qu'Association Européenne des Instituts de Recherche et de Formation en Matière de Développement pour les différentes disciplines des sciences sociales met l'accent sur une telle approche. La 11e Conférence Générale à Bonn les 21-24 septembre 2005, accueillie par l'Institut Allemand de Développement (DIE), offrira un forum pour faire le bilan de l'état actuel des questions liées à l'insécurité et au développement. L'analyse conceptuelle du thème de la conférence sera complétée par des approches liées à une discipline ou une région géographiques particulières. L'approche conceptuelle comprendra une analyse systématique des articulations entre (in)sécurité et développement sous ses différentes formes. L'approche multidisciplinaire permettra en outre de traiter le thème général à partir de différentes perspectives, comprenant entre autres la migration, la justice sociale ou environnementale, les ressources naturelles et les perceptions locales de la sécurité humaine. Les perceptions régionales des thèmes de sécurité et développement feront également l'objet de présentations. Les séances régionales offriront la possibilité de comparer les perceptions européennes de l'insécurité et du développement avec des points de vue d'autres régions du monde. Finalement, la conférence permettra de tirer des conclusions quant à l'élaboration et la mise en pratique de stratégies politiques adéquates à niveau local, national, régional et mondial. Quel est le rôle des communautés et municipalités locales dans la prévention de conflits et dans le développement ? Quelles sont les responsabilités des gouvernements et institutions internationales en ce qui concerne la sécurité régionale et globale ? Quel rôle devraient jouer l'Union Européenne et d'autres groupes régionaux pour augmenter la sécurité et le développement humain dans le monde ? En tant qu'Association Européenne d'Instituts de Développement, l'EADI s'engage particulièrement en faveur d'un rôle plus important de l'Union Européenne dans le domaine de la politique du développement, d'une meilleure coordination de l'aide au développement bilatéral des pays membres de l'UE et d'une cohérence entre ses différentes politiques en vue d'une réduction de la pauvreté dans le monde et de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement jusqu'en 2015. Seule une politique européenne commune de développement pourrait faire pencher la balance en faveur du multilatéralisme, et contre la tendance inverse d'unilatéralisme des politiques de sécurité et de développement. |
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