|
Show details for "L’informel et la question du développement dans des villes en crises : à la recherche du juste équilibre entre sécurité collective et insécurité individuelle"
| |
Back to previous page
L’informel et la question du développement dans des villes en crises : à la recherche du juste équilibre entre sécurité collective et insécurité individuelle| Working Group | Urban Governance
| | Abstract | Voici une proposition de communication qui s’insère dans les problématiques du groupe de travail « Gouvernance urbaine » et qui pourrait se rattacher aux thèmes de « l’insécurité concernant l’accès aux biens économiques » et de « l’insécurité du capital social et des réseaux ». Elle repose sur les conclusions des travaux de recherches que j’ai conduits à Abidjan (1999-2003) et à Lomé (2004-…).
On ne peut plus aujourd’hui aborder la question du développement sans faire référence, en ville, aux activités de l’informel qui constituent un élément important d’analyse, de débat, comme le montre le dernier livre de H. de Soto (Pourquoi le capitalisme…), et d’action : l’attention que les grands bailleurs de fond, mais aussi que les ONG leur accordent en est une parfaite illustration.
Mais qu’attend-on d’elles exactement ? Sont-elles à même de résoudre, ne serait-ce qu’à leur niveau, la question du développement ? Leur contribution au développement doit-il surtout être d’ordre économique ou d’ordre social ? Il y a là un débat fondamental qui perdure depuis que la notion a été proposée simultanément par le BIT (1972, Bangasser 2000) et par Hart (1973) et dont les enjeux ne sont pas minces : quand une multinationale assume une délégation de service public et fait le choix de s’appuyer sur des entrepreneurs informels pour remplir son contrat auprès des populations les plus pauvres on peut douter de la portée philanthropique de son choix… Quand la Banque mondiale prend acte de l’échec du développement par le bas dont elle avait rêvé au cours des années 1980 et promeut une toute autre voie, utilisant l’informel comme amortisseur des crises urbaines consécutives aux faillites des Etats et aux PAS. Quand enfin le BIT s’interroge sur la question du « travail décent » en lien avec l’augmentation de la part de l’informel (2002) et de la pauvreté (2003) au sein de la population active des villes des pays du Sud, et ce alors que le modèle fordiste originel semble de plus en plus appartenir au passé.
La question qui se pose alors est de savoir comment articuler développement, sécurité collective et sécurité individuelle sur les plans économiques, sociaux et politiques en prenant en compte cette importance croissante de l’informel et en l’intégrant à une réflexion sur les questions de gouvernance. On vient de voir, et ce pourrait être l’objet d’une brève première partie, comment on a pu appréhender, au cours des trente dernières années, l’informel dans une perspective développementaliste, mais avec, au final, des résultats plutôt contrastés et incertains. Il serait donc nécessaire de s’intéresser dans une deuxième partie à l’informel en tant qu’il est perçu et utilisé, en ville, comme régulateur social : on attend en effet de plus en plus de celui-ci qu’il participe à la gestion de situation de crises économiques, sociales et même politique (cas des plans de sortie de crise en Côte d’Ivoire). Il y a pourtant, pour qui connaît l’informel, une certaine illusion à attendre des petits entrepreneurs qu’ils contribuent à résoudre des situations de crises devenues structurelles en même temps qu’ils assurent, pour la majorité d’entre eux, leur propre survie quotidienne : les choix d’un individu – par ailleurs rarement formé à la gestion – ne peut en effet se substituer aux errements des encadreurs. S’il arrive que des villes, essentiellement en Afrique sud-saharienne, fonctionnent grâce à l’informel, c’est d’abord parce que les lacunes des municipalités constituent autant de niches commerciales exploitables. Ces dernières ne sont toutefois pas toutes rentables, et la répartition géographique des investissements issus de l’informel est souvent loin d’être conforme aux besoins réels des quartiers. Il existe de plus, et il faudrait le souligner au début d’une troisième partie, un réel décalage entre ce que l’on attend de l’informel et l’insécurité entrepreuneuriale, le mépris administratif et l’exclusion citoyenne dans laquelle sont de fait maintenus la plupart de ses acteurs. Les questions d’ordre politique ne manquent donc pas, et on doit s’interroger sur la façon dont les autorités locales, qui du fait des processus de décentralisations voient presque partout leurs prérogatives et leurs pouvoirs augmenter, en même temps qu’elles deviennent des interlocutrices privilégiées des programmes de coopération, doivent prendre en compte ces activités, sans sombrer ni dans un rejet total, ni dans une admiration béate. Quelle place doivent-elles occuper dans les projets urbains ; comment peuvent-elles être gérées et régulées ; comment, cela est lié, composer avec la question de la corruption ; avec quels interlocuteurs travailler pour envisager une participation accrue… Les questions sont nombreuses, mais les enjeux, notamment politiques, sont énormes puisqu’on estime (BIT 2002), pour ne citer qu’un chiffre, que les activités de l’informel représentent neuf nouveaux emplois sur dix dans les villes africaines. | | Name of Author | Jean-Fabien | | Surname of Author | Steck | | Institute | Universite de Paris 10-Nanterre, UFR SSA, Dpt de Geographie | | Street | 200 avenue de la Republique | | Postcode | F-92001 | | City | Nanterre | | Country | France | | Telephone | 33140975848 | | Email | jean-fabien.steck(AT)wanadoo.fr |
Back to previous page
|
|
|